Description

Le site des falaises de Bonifacio comprend les falaises calcaires encadrant la Haute-Ville et le goulet de Bonifacio. Le domaine du Conservatoire se prolonge à l’Ouest avec le site de Testa Ventilègne (Bonifacio, Figari) et bien au-delà (jusqu’à Propriano) le long d’un littoral bénéficiant de nombreuses protections.

C’est vers l’Est, de Campu Rumanilu jusqu’à Pertusatu que les falaises sont les plus élevées. Le milieu sec, très venté abrite une végétation basse et souvent épineuse.

Détaché de la falaise U Diu Grossu (en Bonifacien « le gros doigt » = le pouce) est un îlot aussi dénommé « Grain de sable ». Le sémaphore et le phare de Pertusatu veillent sur la sécurité de la navigation maritime dans ce détroit parsemé d’écueils et de hauts fonds.

L’histoire des lieux est intimement liée à celle de la ville. Ces espaces du piale aujourd’hui « naturels » étaient d’anciens jardins où lieux de cultures. La dalle naturelle de calcaire en est polie par les passages des pialinchi, paysans bonifaciens qui quittaient la ville à dos d’âne toute la journée afin d’exploiter de petites parcelles de terre disséminées dans la campagne.

Faune et flore

Sur les falaises, la flore calcicole est adaptée à la sécheresse, aux fortes chaleurs et aux vents violents : l’astragale de Marseille en coussinets épineux, l’astérolide maritime étalée sur le sol pierreux et des bosquets brossés par le vent où se mêlent le genévrier de Phénicie, le lentisque, l’armoise arborescente et la salsepareille. On observe aussi le rare silène velouté et de nombreuses orchidées au printemps.

Les oiseaux marins qui nichent en nombre sur les îlots de la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio, filent au ras de l’eau (cormorans huppés, puffins cendrés) ou s’élèvent jusqu’en haut de la falaise (goélands leucophée). On note aussi des oiseaux rupestres comme le martinet pâle ou le merle (ou monticole) bleu. Dans cet espace aride, la tortue d’Hermann est abondante.

Au nord-ouest du goulet jusqu’à Paragan, le maquis haut est dominé par les genévriers de Phénicie, les oleastres et les chênes verts. Les secteurs ouverts les plus proches de la mer sont colonisés par une plante envahissante originaire d’Afrique, la griffe de sorcière. Des papillons forestiers comme le sylvain azuré patrouillent avec régularité leur « espace aérien », tandis que sur les murets vit le très discret algyroïde, tout petit lézard endémique de Corse et de Sardaigne. Les îlots de Fazziò abritent plusieurs plantes rares et le phyllodactyle d’Europe, petit gecko endémique des îles de la Méditerranée occidentale.

Vers l’Ouest, le chemin de la Strada Vecia file entre de hauts murs sous un couvert de gros maquis. Les barracun de pierre sèche marquent ce paysage d’anciens jardins.

A la base des falaises s’ouvrent des grottes marines, dont la plus fameuse, U Sdragunatu, baigne dans des eaux d’un bleu irréel. L’entrée de la crique du Fazziò est dissimulée par deux îlots. Au fond de l’anse profonde de Paragan, le calcaire cède la place au granite.

Toutes les côtes du site des Falaises de Bonifacio sont situées en zone de non-prélèvement de la Réserve Naturelle, ce qui signifie que toute pêche, collecte ou cueillette y sont strictement interdits.