Description

Il y a des millénaires, deux îlots que l’on aurait pu nommer Prisarella et Rondinara, faisaient face au rivage. La mer, aidée de ses courants, déposa sables et galets qui peu à peu formèrent la plus idéale des baies de Corse : l’anse de Rondinara. Une courbe parfaite que soulignent, au-dessus d’une eau claire, des rochers roux. Les deux pointes de Prisarella et Rundinara semblent monter la garde sur ce paysage idéal parfois qualifié de « plus belle plage de France ».

Histoire

La formation géomorphologique de la baie de Rondinara s’est faite patiemment, au gré des courants marins charriant des sédiments. C’est d’abord l’île sud, qu’un tombolo, cordon de sable et de graviers, relia à la côte, lors de la dernière régression marine. Deux autres tombolos se formèrent à la même époque autour de la punta di Prisarella, fermant la baie et créant, en arrière-plan, ce qui est aujourd’hui l’étang de Prisarella.

Ce site esthétiquement « parfait » est partiellement construit : quelques villas de tourisme, dont l’une, autrefois privée accueille aujourd’hui le pôle technique du Parc International Marin des Bouches de Bonifacio.

Habitats et Flore

La Rondinara est réputée pour ses fonds sableux recouverts d’herbiers de posidonies et de cymodocées. Ces milieux fragiles sont foisonnants de vie : ces deux plantes à fleurs aux longues feuilles produisent de l’oxygène et abritent de nombreuses espèces. Elles sont un merveilleux terrain d’élevage pour les jeunes poissons. Dans l’étang, les herbiers de ruppias ne sont pas moins riches et sont des réservoirs de nourriture pour une foule d’oiseaux.

Genévriers à gros fruits et Tamaris africains buissonnent sur la dune et dans le maquis. Dans les falaises granitiques se plaisent l’euphorbe arborescente et l’asperge blanche. Mais surtout, la flore de la Rondinara fourmille de plantes aux noms étranges ou inconnus, si discrètes et pourtant si précieuses : l’Antinorie insulaire, graminée endémique de Corse, le myosotis de Sicile dont les minuscules fleurs bleues se perdent dans un bouquet de longues feuilles, l’isoète voilé ou la littorelle à une fleur.

Faune

L’aigrette garzette, qui niche dans les îles Cerbicale vient se nourrit dans l’étang saumâtre de Prisarella. Elle n’est pas la seule : hérons cendrés, grands cormorans et sarcelles d’hiver se partagent la manne. Petits gravelots en engoulevents se reproduisent à la Rundinara, qui héberge le crapaud vert des Baléares et son extraordinaire chant nocturne.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits.