Description

Le site Testa – Ventilègne comprend le massif de Fenu-La Trinité, les zones humides du fond du golfe de Ventilègne et la pointe de la Testa limitée à l’Ouest par la baie de Figari. Le domaine du Conservatoire se prolonge à l’Est avec le site des Falaises de Bonifacio et bien au-delà vers l’Est (jusqu’à Propriano) le long d’un littoral bénéficiant de nombreuses protections.

La baie de Paragan marque la fin du calcaire et le retour du granite et les impressionnants chaos de la Trinité dominent le littoral. Après avoir passé le feu de Fenu, la côte se fait plus douce lorsque l’on se dirige vers la Tonnara ; quelques rocs s’élevant comme des monolithes rougeoyant au couchant. La baie du Stagnolu, sa dune et son petit marais, annoncent le petit abri de la Tonnara et ses îlots. Le sentier traverse les étangs de Pisciu Cane et de Testarella, au fond de ce golfe apprécié des amateurs de kite surf. La pointe de la Testa, surplombée par le Monte Scupetu, s’avance doucement vers la mer. De petites criques, de grossiers sables blonds alternent avec des pelouses, des marais et des rochers dont les formes excitent l’imagination. Plus on avance vers l’extrémité, plus la végétation se fait rase pour résister aux vents puissants.

Faune et flore

La Trinité est un haut lieu de la biodiversité insulaire. C’est par exemple l’unique localité mondiale d’une plante, le centranthe à trois nervures, classé et menacé par l’UICN et qui compte moins de 150 pieds. On y trouve aussi le lézard de Bedriaga, espèce endémique corso-sarde, qui n’est pas présente ailleurs sur le littoral de ce secteur. Ou encore trois espèces de geckos, dont l’hémidactyle verruqueux qui dans cette zone de l’extrême sud de la Corse compte les densités de populations les plus élevées de France.

La Testa constitue un vaste promontoire rocheux délimité au Nord par la N196 et à l’Est par l’étang de Pisciu cane. La partie intérieure est constituée d’un ensemble de collines et de petits vallons couverts de maquis de différentes hauteurs. Par endroits, cette végétation de maquis évolue en zones boisées dominées par le chêne vert ou le chêne liège. La façade littorale rocheuse est très découpée mais plusieurs petites plages de sable viennent entrecouper cette dernière. Au niveau de cette façade, le maquis fait place à une végétation halophile adaptée et dominée par des bosquets de lentisque. Les plages sont colonisées par une végétation caractéristique des dunes. Au total 8 habitats et 13 espèces déterminants ont été détectés. Parmi les espèces déterminantes la majorité sont des plantes caractéristiques du littoral corse telles que Matthiola tricuspidata, Evax rotundata ou Ambrosina bassii. On note également sur la zone la présence d’une petite mare temporaire méditerranéenne et de marais côtiers à salicornes « les salines ».

Parmi les espèces animales on relève la présence de la tortue d’Hermann (abondante), du phyllodactyle d’Europe et des deux sous-espèces du lézard de Sicile (celle provenant de Toscane et la sarde). Le discoglosse sarde et la rainette sarde se reproduisent dans les petites collections d’eau douce ou faiblement saumâtres.